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26/11/2007

Grève infernale…

A intervalle de trois minutes, à défaut d’entendre le son bringuebalant d’une rame de métro à l’approche, ce que l’on entend en ce moment dans les stations, c’est le mot « infernal… ».
Infernale, cette situation qui suscite la pénurie de transport en communs. Réveil obligé à 6h15, j’hésite entre l’équipement excursion Himalaya chaussures triple couches et protection antiparasites ou ma tenue course roller. Objectif : optimisation de l’espace. Je choisi la tenue dans laquelle je prends le moins de place.
Infernales l’arrivée à la station de métro et la première heure d’attente pour voir finalement arriver une rame. Bienvenue dans l’antichambre de l’enfer parisien : vision horrifiée des wagons qui regorgent de voyageurs dont on distingue mal les visages écrasés sur les vitres embuées. La dimension humaine que l’on aurait pu accorder au concept de transport en commun perd soudainement tout son sens. L’instinct de survie refait surface en chacun. Adieu éducation, politesse et civilités.
Vous souhaitez monter à bord, oubliez: les gens qui attendent à côté de vous (et souvent ceux arrivés en dernier) vous bousculent pour passer. Vous souhaitez sortir, oubliez : les gens à coté de vous ne souhaitent pas perdre leur place en risquant la sortie momentanée. C’est la loi du plus fort. Les stratégies s’opèrent. Je ne peux pas miser sur un physique imposant, mais j’ai trouvé la place stratégique à l’angle parfait d’ouverture des portes qui évitera toute tentative de dépassement par la droite ou la gauche.
Je me retrouve coincée près d’une dame âgée qui a plutôt l’air de prendre cette situation avec humour. Elle est enjouée et remarquable parmi les visages tendus et fermés des autres voyageurs. Elle pense que ce sera une belle journée pour les pickpockets. Elle m’explique qu’elle doit se rendre à l’hôpital pour une opération de la jambe. Une personne l’accompagne. Son mari est également dans le wagon mais plus éloigné. Plusieurs stations défilent et toujours la même cohue. Soudain une voix lisse et policée sortant des haut-parleurs nous averti : « mesdames, messieurs, nous vous rappelons que la priorité est à la descente ». Quelle priorité ?
A l’arrêt suivant, la dame âgée descend. Après quelques avertissements pour  laisser le passage, une petite frayeur avec sa canne coincée dans la marche, elle s’en sort indemne, mais sans son mari. On entend alors des cris du quai : « René descends ! Descends René ! C’est ici ! ». En vain… René est dur de la feuille. Mais c’est sans compter l’efficacité du groupe qui opère en quelques secondes : le papi un peu tourneboulé, se retrouve illico presto sur le quai grâce à l’aide certes pressante mais optimale du groupe de voyageurs.
Dans cet enfer, les esprits absents sont les rois. Situation improbable dans cette situation inconfortable : respiration retenue, serrage de fesses, jambes qui vacillent, mains endolories et   corps désarticulé, certains trouvent le moyen de poursuivre tranquillement leur lecture.
Après une correspondance et une nouvelle heure d’attente, j’arrive sur mon lieu de travail. Il est 10h45, c’est mon premier jour. La suite est une autre histoire qui se poursuivra dans le bureau de mon responsable.
Un enfer où les plus méritants seront sans doute les conducteurs ayant travaillé pendant la grève. Méritants pour avoir évité quelques accidents pour nous usagers, allant même jusqu’à nous accueillir dans leur cabine ; méritants pour se confronter à leur collègues grévistes.

Marine S.

Commentaires

Oui, ca je suis d'accord, encore un grand merci aux conducteurs qui sont venus travailler pendant ces grèves !

Écrit par : nawake | 27/11/2007

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