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18/10/2007

Vive la grève

Il y a bien sûr mon côté provincial exilé à Paris. Et aussi ce privilège certain d'habiter intra-muros et de n'avoir que trois arrondissements d'écart entre mon appart' et mon boulot. Et enfin le fait de m'être arrangé pour n'arriver qu'à 11h au boulot... Mais pour moi ce matin, la grève c'était super...

Petite balade dans Paris, sous le soleil. Sorties de classe, tournage de film, musiciens de rue... Petit café dans un troquet oublié depuis un an et retrouvé avec plaisir. Son patron n'en revient pas de me revoir (j'étais un habitué...) et me lance: «Il devrait y avoir grève plus souvent!», avant deravaler son enthousiasme en encaissant seulement un café...

12 ans après 1995, devenu usager parisien, je me suis senti davantage libéré que pris en otage. Et en plus, je me suis rendu compte que mon boulot n'était qu'à une grosse demi-heure de là ou j'habite...

Stéphane 

Après la grève, la baston

Contrairement aux autres jours, le trafic est fluide lorsque j'emprunte, à moto, les longues lignes droites du Bois de Boulogne. Soudain, place Dauphine, un bouchon en plein carrefour ! C'est la police qui a eu l'idée lumineuse, en cette matinée déjà galère, d'organiser un contrôle des papiers... On croit rêver ! La voiture devant moi est sifflée. Ouf, je passe à travers les gouttes en pestant contre cette logique qui veut que l'on em... encore davantage les gens quand ils sont déjà dans la panade. Deux cents mètres plus loin, avenue Foch, un pugilat : cette fois, c'est un cycliste qui attrape un pilote de scooter par le col en lui reprochant, à juste titre, de rouler sur la piste cyclable. Une gifle, un coup de poing : l'affaire dégénère. Par chance, le conducteur du scooter ne peut pas lâcher son guidon pour rendre les coups. Il préfère mettre les gaz et s'enfuir dans une dernière insulte. Décidément, les nerfs sont à vif aujourd'hui....

 

Carole Chatelain, rédactrice en chef  à 20 Minutes

Belle expérience avec le soleil

Aujourd’hui j’avais le choix entre mon trajet habituel: ligne 6 puis ligne 1 ou le vélo. J’ai décidé de ne pas me stresser sur les quais et ai donc pris mon deux roues.

D’habitude je mets 35 minutes, là j’en ai mis 45, et encore, parce que j’ai dû maintes fois freiner à cause des voitures qui bloquaient la voie sur l’avenue Charle De Gaulle.

Je trouve, qu’avec ce soleil, c’est une belle expérience. Merci la grève car je n’y serais jamais allée de moi-même. De plus, cela donne une ambiance sympa tous ces piétons et ces vélos. Le seul point noir, c’est les voitures.Cela m’a aussi permis de constater qu’à Neuilly, il n’y a aucune voie vélo pour aller à la Défense. Soit on se mélange aux voitures, soit on dérange les piétons.

Il me tarde ce soir car ce sera encore plus fun, tout est en descente… De La Défense à porte Maillot et de l’étoile à l’Alma.. cool!

Merci les grévistes. Ah oui, ce que je pense de l’action de faire la grève… À part mon plaisir personnel de Parisienne contente d’avoir une excuse pour prendre son vélo, je trouve que la grève est un système archaïque qui ne fait rien progresser.

Bonne journée.

Et l'effet grève en image sur la consommation électrique:

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GR"A"VE

Avancée sociale? Légitimité? Remise en question?

Je suis jeune, j’ai 23 ans.
Je cotise (je me sens obligé de me justifier)
Je suis en colère
Non pas à cause des difficultés de transport
Non pas à cause des privilèges que peu veulent conserver

C’est le FOND qui me fait bondir.
Avec le système actuel, ma génération n’aura assurément pas l’assurance d’une retraite pépère. Alors il serait temps que le mot solidarité prenne son sens et que l’on pense à l’ensemble
du groupe et non à une niche. Pour ce faire il est nécessaire que tout le monde soit mis au même niveau dans un premier temps. Puis, il s’agit de reconsidérer la pénibilité de chaque
travail pour aménager cette solidarité de façon équitable.
Je n’ai pas un travail pénible, je cotiserais plus, mais je trouve ça JUSTE.

Vous qui faite grève, vous la brandissez pour défendre vos privilèges, soit, mais n’oubliez pas que vos vrais patrons se sont les FRANÇAIS.
Vous vous mettez à dos vos patrons, vos usagers, votre matière première.
Je me garderais bien de vous rappeler qu’aujourd’hui une grande partie des électeurs/électrices adhère fortement à l’idée de moderniser le secteur public.

Aujourd’hui, nous tolérons votre grève.
Qu’en sera-t’il demain ?

Sylvain

Chroniques de ma guerre du Vélib

Aller à 20 Minutes jeudi matin? Pas de problème pour moi qui habite au centre de Paris. Des Vélib, dans mon quartier, il y en a bien plus que d’habitants. C'est donc confiant que je me rends à la borne tout près. Au loin, je vois cinq véhicules, ce qui renforce mon optimisme. D'autant qu'une petite lumière verte à côté d'eux m'indique qu'ils sont disponibles. Mais je déchante vite. Le premier? son pneu est crevé. Le deuxième? Là, c'est la chaîne qui pendouille. Pendant ces quelques secondes, une dame s'empare du troisième. Je ne la connais pas mais elle m’a énervé. Le quatrième vélo n'a pas davantage de pneu gonflé. Quant au dernier, un petit cadenas m'empêche de le prendre. Il a été sauvagement «réservé» par un égoïste gredin.
 
Va pour une autre station Vélib. Mais rue du Temple, point de Vélib en vue. Je commence à regarder avec envie ceux qui en chevauchent fièrement dans la rue. Je m'approche de Beaubourg. Au loin, je vois deux Vélib’ à la station. Non plus qu'un car une jeune fille en prend un à l'instant. L'autre, hélas, a déraillé. L'heure est grave. Je vais être en retard et mon boss, pas commode, m'a déjà laissé un message sur mon répondeur.
 
Quatrième station, même scénario. Une femme court et saute sur le dernier vélo. Là, c'est ma faute, j'ai manqué de réflexes. Mais la bataille à la mode guerre du feu, de toute façon, très peu pour moi.
 
Je me rabats donc sur la dernière solution : la ligne 14. Il faudra que je marche un peu pour me rendre au travail mais tant pis. Là, c'est du sûr, du tout automatisé.
 
Lorsque j'arrive à Saint-Lazare, je me rends compte de la face B de la guerre du Vélib'. Une bonne dizaine de cadres patientent à la queue leu leu pour pouvoir rendre leur vélo. La rue est même bouchée. Ils regardent avec malveillance les débutants à la borne qui mettent du temps à comprendre comment fonctionne le système. J'ai bien fait finalement de prendre le métro.


Alexandre Sulzer, journaliste à 20 Minutes 

La grève, une aubaine pour certains

La paralysie qui s’annonce dans les transports en commun pourrait en arranger certains. A commencer par les sociétés de motos-taxis, sur lesquelles les usagers des trains se précipitent. «Nous avons battu tous les records de refus, indique volontiers Hervé Braunstein, gérant de Motocab. Nous avons enregistré 140 réservations de course pour la journée de jeudi et dû refuser 370 demandes.»
 
«Nous avons 12 motos à nous mais nous faisons également travailler des partenaires qui ont des petites structures, explique-t-il. En tout, nous tournons à une vingtaine de deux-roues.»

Liste d'attente
 
La liste d’attente est également très longue chez
P2M Motos. «Nous avons 45 personnes en attente à 8h, jeudi matin et autant le soir, à 20h. Cela fait deux jours que nous n’enregistrons plus les commandes, affirme Sylvain Feuillet, le gérant. Un jour normal, un conducteur fait 6 à 7 courses. Jeudi, chacun de nos 15 conducteurs aura 15 courses à faire. Le premier commence à 5h15 et on n’ignore à quelle heure on va finir!»
 
Une clientèle qui n’est pas pour autant convertie à la moto-taxi. «Pour l’instant, peu de personnes ont réservé pour vendredi», souligne Hervé Braunstein. Même constat pour Sylvain Feuillet. Une tendance qui pourrait s’inverser si la grève des transports dure.


Sandrine Cochard

«On a bien été informés qu’on ne pourrait pas se rendre au travail»

Reportage en gare de Saint-Cyr-l’Ecole (78), où la cohue habituelle n’était pas au rendez-vous…
7h45 jeudi matin. La paralysie annoncée est bien au rendez-vous. A Fontenay-le-Fleury (78), c’est une gare morte qui attend les voyageurs égarés, les paupières encore lourdes sous les lumières blafardes des réverbères. La nuit se retire doucement mais les premières lueurs de l’aube n’animent pas plus une gare léthargique et désertée. Ou presque. Malgré les rideaux de fer baissés, une femme d’une trentaine d’années gravit péniblement les escaliers qui mènent aux quais en forme d’impasse. Le souffle est court, elle vient de marcher 15 minutes. Pour rien. «Je savais qu’il y avait grève mais je ne pensais pas que la gare serait complètement fermée», déplore Angélique, 34 ans. Son ultime recours sera le bus, à priori pas en grève. «Il doit arriver dans 10 minutes, je vais attendre mais s’il ne vient pas, je fais demi-tour et je rentre!»
Une dizaine de voyageurs
A la gare de Saint-Cyr-l’Ecole, qui a la chance d’être desservie par la ligne entre Saint-Quentin-en-Yvelines et la gare Montparnasse, la cohue habituelle n’est pas au rendez-vous. L’agitation brouillonne de la veille a cédé sa place à une placidité résignée. Au niveau des tourniquets, un agent SNCF répète inlassablement la même phrase : «Pour Paris-Montparnasse, voie 2», faisant écho au message enregistré diffusé dans l’enceinte de la gare pour indiquer aux voyageurs les trains à venir. Ils sont une dizaine à attendre ces seuls trains qui se présenteront, chaque quart d’heure. «La communication a été efficace, estime l’agent sans se départir d’un sourire jovial pour faire passer la grève en douceur. Les gens n’ont pas été pris par surprise.» Et se sont rabattus sur la voiture ou
la RTT. Sous le pont reliant les deux villes passe l’A12, où les kilomètres de bouchons s’accumulent jusqu’à paralyser le trafic à 30 bornes de la capitale. Sans doute pas la meilleure option.
Un temps de trajet doublé
Dans la gare, certains voyageurs ont manifestement perdu des informations en route. Deux ados de 16 ans découvrent les horaires et sont «en galère» pour rentrer aux Mureaux. «Vous avez une voiture, vous ?» tentent-ils en souriant. Plus loin, un couple d’une petite trentaine d’années échange des regards consternés. Lui doit se rendre à Montreuil, via le RER C, elle travaille à La Défense. Deux des lignes fermées à la circulation par la SNCF. «Déjà, en temps normal, je mets  1h30 pour aller à Montreuil. Aujourd’hui, je risque de mettre 3h, sans avoir l’assurance de pouvoir bien rentrer chez moi ce soir», déplore-t-il. Sur la communication mise en place par la SNCF depuis la veille, il reconnaît, ironique: «On a bien été informés qu’on ne pourrait pas se rendre au travail». «On est venu pour voir s’il n’y avait pas un moyen de prendre un train mais là, ce n’est pas possible. Aller à Montparnasse est un trop grand détour» renchérit sa compagne qui appréhende déjà la retenue d’un jour de congé et la reconduction de la grève. «Je n’ai pas encore d’informations, assure l’agent chargé de l’aiguillage des usagers. Mais il est évident que la situation sera meilleure qu’aujourd’hui.»
A côté de la gare, un café aux tables désespérément vides. «J’espère que je n’aurai pas à fermer boutique, comme en 1995, souffle le gérant en secouant la tête. Le droit de grève est fondamental, d’accord, mais pourquoi empêcher les gens de travailler?» Un cours de syndicalisme plus tard, il affirme que vendredi, il «ouvrira quand même».

Sandrine Cochard

Ce qu'en dit le Bondy Blog...

La marche, la couette ou la mêlée

A la gare du Nord, les usagers comptent sur le système D pour faire face à la grève des transports du 18 octobre

 

Il flotte comme un air de dépit dans le grand hall de la gare du Nord. Plus personne ne prête attention à la déco « coupe du monde de rugby ». Tout le monde se prépare pour la grande mêlée dans les transports ce jeudi. Les syndicats annoncent une mobilisation sans précédent depuis 12 ans contre la réforme des régimes spéciaux de retraites, le gouvernement reste droit dans ses bottes, les usagers font contre mauvaise fortune bon cœur. Pressé de prendre le RER B, un usager lâche ces quelques mots : "Cette réforme est le début d’une remise en cause du régime général, avec en ligne de mire la baisse des pensions de tous les salariés, je crains que tout cela ne passe comme une lettre à la poste." Les images de décembre 95 remontent à la surface...

 

Pour lire la suite, cliquez ici 

Fontenay-le-Fleury, 8h ce matin

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Station de métro à Lyon

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Seb 

 
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