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18/10/2007

Enfants gâtés vs privilégiés capricieux

«Les usagers sont pris en otage!», hurlent indécemment les enfants gâtés pataugeant dans le plat de manipulation médiatique à la sauce Pernaut, touillant allègrement la tambouille des "revoilà la galère !", "merci la SNCF !", "on les paye avec nos impôts pour qu'ils nous emmerdent" et autres "y'en a marre des caprices des privilégiés, nous on se donne tant de mal"...

Alors circulent blagues vaseuses et autres diaporamas montrant du doigt les bénéficiaires des "régimes spéciaux", les désignant comme des nantis qui parasitent la société. Et, parfois, rarement, la réponse des principaux intéressés.

C'est ainsi que j'ai reçu un "Droit de réponse" d'un conducteur de métro parisien (RATP) bien énervé par les boutades que les esprits ovins diffusent, au grand contentement des faiseurs d'opinion qui voient ainsi une part de leur boulot de division gentiment mâché. Il transporte ces "otages" en puissance dans les dédales sous-terrains, à mi-temps. Durant l'autre moitié, il est photographe professionnel.
Voici, donc :
 
"Bonjour à tous,

Je me permets de répondre à cette campagne de désinformation.

Pour la SNCF je ne sais pas, par contre je peux vous parler d'un sujet que je connais très bien car j'ai conduit le métro parisien pendant 15 ans.
Si c'était une place en or j'y serais resté, croyez moi.

15 ans pendant lesquels:
- j'ai fêté 3 réveillons maximum en famille (Noël comme le 31 décembre)
- j'ai eu des vacances en juillet/aout un an sur deux
- j'ai bossé quasiment tous les week end
- j'ai travaillé dans un environnement pollué sans voir la lumière du jour
- à des horaires de prise de service à 5h du mat' une semaine, fin de service 2 h du mat' la semaine suivante
- temps de travail 39 heures puis 35 h et pas 20 ou 22...
- un salaire de 1800 € pas volé pour avoir la responsabilité de 800 personnes (capacité d'accueil d'un métro) aux heures de pointe (c'est le conducteur qui a la responsabilité pénale de ses passagers et non la boîte).

Sachez que les cotisations retraites sont majorés de 12 % par rapport au privé pour financer les soit disant "privilèges".

Poussons donc le principe "d'égalité" jusqu'au bout et imaginez que le métro soit ouvert de 8h à 18 h et fermé les week-end et durant le mois d'août...
Sachez qu'aujourd'hui un conducteur peut partir à 50 ans mais que personne ne le fait car le droit de partir n'indique pas qu'il a cotisé suffisament pour avoir une retraite décente.

Il faut arrêter de stigmatiser toujours les mêmes, ayez un peu de mémoire et rappelez vous qu'en 2003 on est descendus dans la rue pour défendre VOTRE régime de retraite alors que l'on était pas concernés.  
Arrêtez de croire Sarko qui vous promet le meilleur des mondes juste parce qu'il aura supprimé les régimes spéciaux qui représentent un pourçentage super faible.

Intéressez-vous un peu aux régimes des députés, ministres et autres magouilleurs. Clearstream, EADS, parachute dorés etc... ça vous dit quelque chose ?
Forcément non, puisque votre attention est attirée en permance sur les "petits" par les médias à la botte du gouvernement.
Et d'une manière générale ce n'est pas parce que beaucoup de gens touchent des salaires très faibles qu'il faut niveler par le bas.

Sinon, la RATP recrute en masse actuellement donc avis à ceux qui jalousent les privilégiés : Remplissez un dossier !

C'était juste un droit de réponse...
Bonne journée"
 
à bon entendeur...
 
Grégory LD
Journaliste

La grève, faut pas pousser

Ce matin, sous le soleil, je suis venu au boulot à pied. Pas trop dur la grève. Mais demain, je dois aller à Genève pour le mariage d'un de mes meilleurs amis... ça, faut pas que je rate...

GR"A"VE

Avancée sociale? Légitimité? Remise en question?

Je suis jeune, j’ai 23 ans.
Je cotise (je me sens obligé de me justifier)
Je suis en colère
Non pas à cause des difficultés de transport
Non pas à cause des privilèges que peu veulent conserver

C’est le FOND qui me fait bondir.
Avec le système actuel, ma génération n’aura assurément pas l’assurance d’une retraite pépère. Alors il serait temps que le mot solidarité prenne son sens et que l’on pense à l’ensemble
du groupe et non à une niche. Pour ce faire il est nécessaire que tout le monde soit mis au même niveau dans un premier temps. Puis, il s’agit de reconsidérer la pénibilité de chaque
travail pour aménager cette solidarité de façon équitable.
Je n’ai pas un travail pénible, je cotiserais plus, mais je trouve ça JUSTE.

Vous qui faite grève, vous la brandissez pour défendre vos privilèges, soit, mais n’oubliez pas que vos vrais patrons se sont les FRANÇAIS.
Vous vous mettez à dos vos patrons, vos usagers, votre matière première.
Je me garderais bien de vous rappeler qu’aujourd’hui une grande partie des électeurs/électrices adhère fortement à l’idée de moderniser le secteur public.

Aujourd’hui, nous tolérons votre grève.
Qu’en sera-t’il demain ?

Sylvain

 
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